12/08/2006Take care and controlLà, je suis à Manchester. Mon bon vieil iBook sur les genoux, je viens d'ingérer un cheesecake spongieux et squatte le wifi du Starbucks en attendant que cette putain de pluie de merde se calme un peu. Sauf qu'en regardant par la fenêtre c'est pas Market Street ou Picadilly Gardens que je vois mais la rue des Archives. Pourtant, on s'y croirait.
Il faut que je me rachète un parapluie. Il faudrait vraiment lancer des parapluies jetables. Moi, il m'en fallait un par semaine. Soit il se retournait comme un prépuce à la première bourrasque, soit je l'oubliais dans un pub parce que j'avais encore trop bu. Et à Manchester, un parapluie c'est vraiment un truc vital. Certains jours tu te demandais même si tu ferais pas mieux de t'acheter un Kayak.
La semaine, je lis les mails des clients énervés parce qu'ils ont toujours pas le net à la maison. Je me dis que c'est vraiment trop des connards et qu'en plus, ils écrivent comme des culs. Et puis le weekend, je suis énervé parce que j'ai toujours pas le net chez moi. Putain, moi c'est pas pareil, c'est pour travailler et payer mes double-rideaux !
Alors, pour m'occuper j'écoute les Plasticines en pogotant sur mon lit. Enfin, avec mes petits sauts de grenouille, ça ressemble plus à une bourrée auvergnate qu'à un pogo. Mais c'est une preuve indéniable que je suis de bonne humeur, ces temps-ci.
J'ai l'impression de vivre sur une frontière. En remontant la rue vers Lamarck, c'est que des troquets bobo avec des fashionistas qui garent leurs scooter n'importe comment. Et dès que je descend ma rue vers Jules Joffrin, y a plus que des mamies avec leur fichu sur la tête qui discutent devant la vitrine du fromager.
En fait, je me plais bien ici. Même si parfois, quand je rentre le soir, je continue à gueuler "salut les putes !" et je marque un temps d'arrêt avant de comprendre que Paprika et Myrtille ne sont pas là. C'est drôle, je me sentais plus chez moi en étant chez Serge que dans mon appart. Mais c'est peut-être juste une question d'habitude.
Dans les nouveautés, il y a aussi un brand new lover. Je dois avoir un ciel astral de folie, ces jours-ci ou je sais pas quoi. Il est grand, il est beau, il est blond et il sent bon le sable chaud. Et plus affectueux que lui tu meurs. Presque trop, j'essaie de le calmer gentiment, je me méfie du too much too soon. Alors parfois, au lieu de répondre je fais des petits sourires mystérieux à la David Bowie. Mais j'essaie quand même de ne pas être trop évitant, il ne faudrait pas qu'il s'imagine que je ne l'aime pas. Parce qu'en fait, si. 03/08/2006Rock onLà je viens de faire caca. Putain que ça fait du bien, je me suis retenu toute la soirée parce que je n'aime pas aller aux toilettes du boulot pour autre chose que de me recoiffer devant la glace. Au moment de me torcher, j'ai eu une sueur froide en me rappelant que je n'avais pas eu le temps de faire les courses, que Serge non plus et donc qu'il n'y avait plus de papier. Et puis c'est à ce moment là que j'ai été plutôt fier de mon côté folle-du-rangement puisque j'ai retrouvé les paquets de mouchoir que j'avais planqué dans un placard en cas de crise majeure de ce type.
Donc après avoir fait de la place pour pouvoir laisser digérer le menu Tower que j'ai dégusté sur la terrasse du KFC de la place de la République, je suis d'humeur à tenir informé les lecteurs assidus de ce blog (Groogroo a mis des stats, j'ai des preuves) de mes dernières péripéties.
Au boulot n°1, ça se passe bien. J'ai toujours des horaires à la con mais pas les mêmes qu'avant et donc, en plus de la fatigue, je suis complètement jetlagué. Je m'autorise trois pauses clopes journalières au lieu des deux réglementaires et attend de recevoir un mail à ce sujet histoire de pouvoir leur expliquer que c'est ça ou me filer des nicorettes en plus des tickets resto. Sinon j'ai aussi une nouvelle collègue à la cool avec qui j'échange tous les ragots du bureau histoire de passer le temps. Parfois j'ai l'impression d'être dans The Office et ça me fait rire.
Au boulot n°2, c'est toujours le boxon, tout le monde s'est barré en vacances mais j'arrive à gérer mes psychopathes tant bien que mal.
Ce soir, j'avais deux rencards de prévus. Je m'en suis rendu compte un peu tard et ai envoyé des sms à l'arrache dans le métro. Le moment où je suis suffisamment overbooké pour justifier l'acquisition d'un Blackberry ainsi que d'une assistante sur laquelle pouvoir jeter ce Blackberry quand je suis énervé est arrivé.
Du coup j'ai décommandé les deux en me servant de mon déménagement imminent comme prétexte pour ne pas avoir à parler de mon éruption cutanée certainement provoquée par le manque de sommeil.
Ce matin, j'ai été réveillé par Serge qui m'a dit "tu vibres". J'ai ouvert un oeil en pensant qu'il était en plein rêve érotique mais en fait non, c'était JW qui essayait désespérément de me prévenir que son lit allait être livré à notre appart dans les minutes suivantes. Le temps de bredouiller que "blah blah blah" avec ma voix pâteuse, il m'avait déjà raccroché au nez. Sur le coup, j'ai culpabilisé puis je me suis rappelé qu'il était en train de se la couler douce dans le Lubéron pendant que je trime comme une pute roumaine édentée.
Mon déménagement a été organisé comme un loto. J'ai balancé des mails à plein de monde cet après-midi pour voir quel serait le numéro gagnant. Finalement, c'est Snoopy qui a gagné le tour d'Etampes en camionnette. Et ça me fait plaisir de partager cette émotion troublante avec lui.
Aujourd'hui, pour aller travailler, j'ai piqué un jean à Serge. Je nous ai rendu service à tous les deux : Tout d'abord ça me permet, dans ma phase de dégothification, de m'habituer au jean bleu. Ensuite, la braguette asymétrique de cet April77 a bien rempli son office lorsque je suis allé parler à mon responsable et que celui-ci a fixé mon paquet au lieu de me regarder dans les yeux.
Enfin, en transpirant des couilles dedans toute la journée, j'espère bien l'avoir imprégné de mes phéromones de winner afin de redynamiser la vie sentimentale catastrophique de la Sergeoune.
Sinon, le titre de ce post veut simplement dire que j'aime beaucoup l'album de Jackson and his computer band. 02/08/2006Talons AiguillesSerge de Castille n'a pas gagné cette élection. En tant que directeur de campagne, j'assume pleinement la responsabilité de cet échec et je me retire de la vie politique. Sauf si bien évidemment on a vraiment besoin de moi.  |
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