Heartbeats
Parfois j'ai l'impression que je vais faire un infarctus. C'est toujours le même symptôme : à un moment, pour une raison ou une autre, mon coeur a un raté. Il se bloque un instant, à m'en couper la respiration puis repart en accéléré.
La raison, la plupart du temps est une émotion un peu forte. Il m'arrive pourtant de moins en moins souvent d'avoir des émotions fortes. Je me lève à 7h et ne rentre chez moi qu'à 23h, généralement pour aller directement me coucher. Très bientôt, ma longue pause déjeuner sera occupée par un deuxième job (je suis pour le cumul des mandats).
Malgré le très peu de temps de cerveau disponible qu'il me reste, il m'arrive encore accidentellement de penser. Ça m'arrive quand j'attend sur le quai de la gare Bibliothèque François Mitterrand le train de 21h48, par exemple. J'ai passé tellement de temps dans cet endroit que mes fantômes reviennent. Et je suis pas loin de faire une attaque.
J'étais tellement fan de Death In June que j'en avais développé une espèce de superstition autour du mois de juin. En l'occurrence, pour le millésime 2006, il me rappelle la dernière fois que j'ai été amoureux et que cet amour est mort. C'était en juin, aussi.
Parfois ça arrive dans des circonstances plus gênantes. Il y a deux semaines, je tenais un garçon dans mes bras, ses cuisses étaient encore serrées contre mes hanches, nous venions tous les deux de jouir, j'avais juste envie de poser mon visage dans son cou et de ne plus en bouger. Avant de réaliser brutalement que ce n'est pas forcément le lieu ni la personne adéquat pour se laisser aller.
Et je regarde ce garçon avant de me rendre compte qu'il ressemble étrangement à mon fantôme. De son corps jusqu'aux expressions du visage, c'est suffisamment troublant pour me demander si je ne l'ai pas choisi justement à cause de ça. Alors que je le fixe bizarrement, il pose sa main sur mon torse et me fait remarquer en riant que mon coeur bat très vite. Je réponds avec un sourire que je ne fais probablement pas assez de sport. Mais en fait, c'est plutôt douloureux.
Jérôme m'écrit : "j'organise à l'automne un voyage à vocation culturelle, ouvert à toutes les personnes qui ont connu l'amour avant de le perdre et de comprendre qu'effectivement [les livres avaient raison], celui-ci ne se manifeste qu'une fois." Rien ne me fait plus envie que de l'accompagner à Berlin. Mais rien ne m'est plus insupportable que de me résoudre à ce que la dernière chose qui touchera mon coeur soit le scalpel du cardiologue.
19/06/06 - 16:15
Je fais des crises de panique qui me réveillent de mon sommeil brutalement et quand je regarde autour de moi c'est pire encore parce que ej réalise qu' "il" nest plus là et qu' "il" est la cause de ce réveil brutal également.
Sinon y' a aussi le fait que tu fumes beaucoup trop.
pheel