Nothing can stop me now
Ce soir, tout était planifié, je devais traîner ma vieille carcasse jusqu'au Paris Paris dès la sortie du boulot. Y aller et être le plus désagréable possible avec le physio en glissant un "j'suis sur la liste" entre les dents, en faisant bien siffler tous les "s".
Et puis, alors que je me faisais chier à répondre à un mail ubuesque d'un client, écrit tout en majuscules, avec menaces de procès en guise de formule de politesse (comme 80% de ceux que je reçois) j'ai reçu un SMS de Nicolas. Il avait envie de boire un verre. Et je suis pas du genre à laisser tomber un ami de trente ans.
Après m'être assuré que la liste en question n'était pas extensible à la dernière minute, ce qui m'a été confirmé par un appel de Snoopy pendant que j'étais en train de faire pipi, j'ai décrété que Catherine Ferroyer-Blanchard c'était mieux en studio qu'en live.
Alors j'ai retrouvé Nicolas qui poireautait à l'Open Café et discutait avec une demi-clocharde héroïnomane tatouée de la tête aux pieds. Nous ne nous sommes pas éternisé et sommes directement allé à ce spaghetti-bar curieux du début de la rue Sainte Croix de la Putasserie. Les serveurs étaient désagréables et la bouffe dégueulasse, bref tout ce qui fait qu'on se sent un peu chez soi à gayland.
On a poursuivi notre virée radasse à l'Amnésia. Pour une fois je n'ai pas fait de crise de claustrophobie dans leur sous-sol. Il faut dire qu'on était jeudi soir et qu'il y avait un peu moins de monde. C'était rigolo, une fille m'a prêté une perruque blonde et j'ai trouvé que ça m'allait bien. On a rencontré deux garçons qui s'appelaient tous les deux Benjamin, ce qui était assez pratique vu qu'on s'appelait tous les deux Nicolas.
A la fermeture, le moment stratégique est arrivé. Nicolas, qui travaille pour une chaîne de télévision franco-allemande à vocation culturelle, a préféré aller se coucher pas trop tard. Moi, qui travaille pour un fournisseur d'accès à internet dont le patron a fait fortune dans les années 80 grâce au minitel rose, j'ai préféré continuer.
Avec un budget limité, j'ai pensé à l'efficacité avant tout et je suis directement allé au sauna. C'est assez pratique parce que l'arrêt de mon bus de nuit est juste devant le Sun City. Je me suis fait sucer la bite une ou deux fois et comme je n'avais pas que ça à faire, j'ai fini par aller démonter le cul d'un chinois qui dépassait péniblement 1m60.
Après avoir joui vite fait mal fait, mon moment préféré est enfin arrivé : aller me jeter dans l'eau froide de la piscine et désintégrer tous les miasmes accumulés avec ces attouchements divers dans un grand bain de chlore.
Une fois bien épongé, j'ai gentiment patienté que le bus N14 vienne me cueillir. Arrivé à Château Rouge, j'ai constaté non sans étonnement que la boulangerie était vraiment toujours ouverte la nuit, même en semaine. Alors je leur ai acheté un donut bien gras.
Il y a deux types qui sont venu me demander le chemin pour aller à Barbès. Comme j'ai du mal à repérer le nord du sud, je me suis rendu compte en continuant ma route que je leur avait filé la mauvaise direction et qu'avec un peu de chance, ils ne s'en rendraient compte qu'une fois arrivés à porte de Clignancourt.
20/10/06 - 08:03
T'as niqué Pyram ?
pheel